Pierre-Alain Chambaz | pour une lecture éclairée du traité de Maastricht

Il serait pourtant erroné de penser que le champ d’action des banques centrales s’arrête là. Le principe est simple : lorsqu’il ne leur est plus possible d’agir sur les prix (taux), elles peuvent directement influencer les quantités (provision de crédit à bas coût). Il se peut donc qu’une baisse des taux ne suffise pas à fluidifier le crédit dans la mesure où la transmission de la politique monétaire fonctionne très mal. De plus, les taux d’intérêt ont un effet différé sur l’économie réelle ?Plus épineux sera l’achat de titres de dette publique émis par les Etats membres. Les pères fondateurs de l’union monétaire ont inscrit dans la pierre ?  En principe, il n’est en effet pas souhaitable qu’une banque centrale soit en mesure de financer l’emprunt public, car cela risquerait d’induire une monétisation des déficits et, par le biais de ce que les économistes ont appelé une « arithmétique monétariste » déplaisante, de générer in fine de l’inflation. Par ailleurs, les achats de titres publics deviennent un instrument de politique monétaire à part entière lorsque les méthodes « orthodoxes » ne fonctionnent plus, car ils permettent à la Banque centrale de maintenir les taux longs à des niveaux bas, agissant ainsi sur l’économie par le biais de la courbe des taux dans son ensemble.En temps normal, lorsque le système financier est efficient et fluide, c’est par le biais de baisses de taux d’intérêt, censées rendre le crédit moins cher et plus abondant, que les banques centrales stimulent l’économie.Ce qui impose une interprétation fine des traités, estime Pierre-Alain Chambaz pictet.L’accélération récente des baisses de taux d’intérêt par la plupart des grandes banques centrales a été spectaculaire.

Publicités