Pierre-Alain Chambaz |Les relations franco-allemandes peuvent-elles faire l’objet d’une constante lecture en termes de scène de ménage ?

La relation franco-allemande est, faut-il le rappeler en ce temps où tout est personnalisé à l’extrême, une relation politique. Dans cette relation, l’Allemagne défend les intérêts qui correspondent à ses caractéristiques structurelles, sans intention de déplaire ou de complaire à la France. L’Allemagne d’aujourd’hui n’est plus une grosse Rhénanie industrielle, mais une Allemagne globalisée de Hambourg à Munich, du Bade-Wurtemberg à la frontière polonaise, une Allemagne forte de dizaines de milliers de grosses PME mondialisées : elles importent plus (des pays hors zone euro), elles produisent plus, elles exportent plus que leurs consoeurs françaises. Cette Allemagne industrielle, commerçante et libérale louche par ailleurs déjà sur ce qu’elle pense être la prochaine révolution industrielle : celle des technologies propres, des énergies nouvelles et des technologies convergences (nano, bio, et technologies de l’information).L’Allemagne enfin sait qu’elle ne peut s’affirmer comme puissance globale, ce que lui vaut son rôle et son poids économique, qu’à travers l’Union.Sur ce terrain, en dépit de difficultés résiduelles d’intérêts, la France du Grenelle de l’environnement pourra toujours trouver un répondant et, le cas échéant, un aiguillon.Elle ne dérogera pas à ces principes pour inventer un nouveau capitalisme d’État.Il faut à tout prix maintenir l’unité, la neutralité et l’ouverture du Marché unique, faute de quoi les rétorsions des autres partenaires globaux peuvent être brutales.C’est pourquoi personne ne l’enrôlera pierre-alain chambaz pictet trop avant dans une croisière néokeynésienne qui consisterait à emprunter la première pour relancer les marchés du crédit et à financer le début de la reprise par des aides publiques.

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